4 jours, 4 boutres, 3 saisies, Pirates somaliens présumés devant la justice seychelloise © Marine Nationale

Pirates somaliens présumés devant la justice seychelloise

Tandis que l’opération Atalanta voit la fin de son mandat approcher, cinq pirates somaliens présumés, interceptés par le navire amiral espagnol ESPS Navarra en avril 2019, doivent comparaître devant la justice seychelloise en août.

Au cours d’une mission de surveillance menée dans le cadre de l’opération Atalanta EU NAVFOR en avril 2019, l’ESPS Navarra, battant pavillon espagnol et qui était alors navire amiral de la flotte européenne, a pu intercepter l’équipage d’un boutre utilisé comme « navire-mère » pour mener des attaques ciblant des navires de pêche entre les côtes somaliennes et seychelloises. « Selon l’EU NAVFOR, l’incident a commencé le 19 avril lorsque cinq pirates présumés ont capturé un boutre yéménite au large des côtes de la Somalie », relate News Seychelles Agency sur son site. « Deux jours plus tard, les pirates ont attaqué le navire de pêche coréen Adria, le boutre faisant office de navire-mère dans l’océan Indien à quelque 280 milles marins au large des côtes de la Somalie ».

La drome de l’ESPS Navarra a alors pu intercepter les pirates, puis les acheminer jusqu’aux Seychelles où ils ont été inculpés et placés en détention dans l’attente de leur procès. Les cinq somaliens connaîtront le sort qui leur est réservé à l’issue de leur comparution devant la Cour suprême des Seychelles le 30 août prochain.

Atalante : fin de mandat en décembre 2020

Pour rappel, « l’opération Atalanta de l’EU NAVFOR contribue à la dissuasion, à la prévention et à la répression des actes de piraterie et de vol à main armée au large des côtes somaliennes », précise un communiqué du Conseil de l’Union européenne. « L’opération protège également les navires du Programme alimentaire mondial et d’autres navires vulnérables, surveille les activités de pêche au large des côtes de la Somalie et soutient d’autres missions et programmes de l’UE dans la région ».

Dirigée de Rota (Espagne) et Brest (France) depuis le Brexit, l’opération Atalanta est placée sous le commandement du contre-amiral lgnacio Villanueva Serrano depuis le 17 mars 2020. La passation de commandement s’est déroulée au début de la crise COVID-19 et, malgré les grandes difficultés rencontrées, a été menée avec succès et « résilience » comme le relate le contre-amiral lui-même dans un texte épique (à lire ici).

Ce procès aux Seychelles tombe à pic pour démontrer que la piraterie est toujours active dans le nord de l’océan Indien, même si les chiffres des attaques ont largement diminué depuis la mise en œuvre de Atalanta en 2008. La mise en lumière de l’action de l’EU NAVFOR, qui œuvre en coordination avec la CTF 150, devrait également inciter la haute autorité européenne à voter une nouvelle prolongation de l’opération, dont le mandat arrive à terme en décembre 2020. Dans un courrier, l’association des armateurs de la Communauté européenne (ECSA) alerte sur « la nécessité d’une prolongation du mandat actuel et la poursuite du leadership européen dans le maintien de la sécurité maritime à travers l’opération EU NAVFOR Atalanta ». //VK (photos d’illustration © Marine nationale et Seychelles News Agency)

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